Hadrien Daudet – PHOTOGRAPHER

out of the box

En Ethiopie – In Ethiopia

Ethiopie, 02/2012.

Le nord de l’Ethiopie est un immense plateau à plusieurs milliers de mètres d’altitude. Il est clairsemé de quelques villes moyennes entre lesquelles s’étend une campagne étonnamment vivante pour un endroit au climat si dur. L’air est chaud et sec, l’oxygène est rare, la poussière est omniprésente, le décor grandiose.

En 6 jours de route, il y a peu à comprendre d’un pays aussi ancien et varié mais on s’imprègne immédiatement du rythme (lent) des gens, comme des épices qui collent à la peau.

Le tiers monde saute tout de même aux yeux : la misère crasse, les routes défoncées, les gosses qui courent derrière la voiture et sautillent de joie quand ils reçoivent un stylo (ces mêmes gosses qui font 15km à pied par jour pour aller à l’école et apprendre, entre autre, un peu d’anglais), le manque de tout, la dignité et la générosité de ceux qui manquent de tout.

Il y a aussi un sentiment frappant d’immobilisme paisible dans les campagnes, où la mécanisation n’existe pas et où les techniques et les outils utilisés semblent appartenir à une longue tradition ininterrompue.

Les villes sont moins pittoresques. Ce sont d’étranges endroits, comme égarés entre deux mondes, où des types qui n’ont rien sur le dos et peu sur les os, un oeil crevé, un pied bot, vous montrent leur smartphone et vous demandent, en anglais, d’être “amis” sur facebook tout en buvant un café traditionnel et en respirant un bol d’encens.

Le Mercato, le plus grand marché d’Afrique, croule sous les vêtements de contrefaçon, mais on y vend aussi des ânes et les grand mères y font sécher des piments.

Les taxis sont des Lada Yougoslaves rafistolées et qui datent de la guerre froide. Aujourd’hui, l’Ethiopie achète des autobus chinois dont le moteur s’avère trop faible à l’usage – alors, dans les côtes, on descend. Les Chinois ont aussi goudronné les routes du pays pour une bouchée de pain. Puis ils ont vendu au Ethiopiens des Nike pour marcher dessus.

L’aide au développement c’est toujours un mal pour un bien. Sauf peut être quand l’UNESCO protège gratis les églises centenaires de Lalibella menacées par l’érosion des sols.

Il n’y a pas de réponse à la sempiternelle question de savoir si les gens sont heureux. Ils en ont l’air. Comme tous les pauvres, ils ne se plaignent pas à mieux loti qu’eux. Qu’ils soient chrétiens, musulmans, juifs ou rasta, les Ethiopiens sont profondément pieux – peut être Dieu en apprend-il davantage, dans le secret des prières?

Northern Ethiopia is a vast plateau several thousands feet high. There are, here and there, a few medium sized cities. Between them lies a quite lively country considering how harsh the climate is. The air is hot and dry, oxygen is scarce, dust is everywhere. The setting is magnificent.

In a 6-day ride, there is little to understand of a country as old and varied but one feels deeply the (slow) pace of people and things, like the spices that stick to the skin.

Still, the third world is obvious – dire poverty, potholed roads, kids running after the car and hoping with joy when they receive a pen (the same kids who walk 15km a day to go to school and learn, among other things, a little English), lack of everything, dignity and generosity of those who lack everything.

There is also a sense of a peaceful stasis in the countryside, where mechanization does not exist and where the techniques and tools seem to belong to a long lasting tradition.

Cities are less picturesque. Strange places, lost between two worlds, where guys who have nothing to wear and little to eat, a punctured eye or a club-foot, show you a smartphone and you ask, in English, to be “friends” on facebook while drinking a traditional coffee and breathing incense.

The Mercato, the largest market in Africa, is awash with counterfeit clothes, but also displays donkeys for sale. The grand mothers are also there and dry chillies.

All the taxis are old tinkered Yugoslav Ladas from the Cold War. Today, Ethiopia buys Chinese buses which happen to have a very weak engine – so people get off on the hills. The Chinese also tarred the roads of the country for pittance. Then they sold the Ethiopians the Nike to walk on them.

Development aid is always a blessing in disguise. Except perhaps when the UNESCO protects the centennial churches of Lalibella threatened by soil erosion.

There is no answer to the perennial question of whether people are happy. They seem so. Like all the poor, they don’t complain to those who are better off. Whether Christians, Muslims, Jews or Rastafarians, Ethiopians are deeply religious – maybe God knows more in their prayers?

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Written by hadriendaudet

2012/04/23 at 13:36

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