Hadrien Daudet – PHOTOGRAPHER

out of the box

Boire pour oublier – Drink to forget

Hébron, West Bank, 03/2014

La parade de Pourim à Hébron est un marronnier pour la presse locale : tous les ans, quelques centaines de colons enfilent un déguisement et descendent de leur colline, escortés par une trentaine de soldats, pour aller prier au tombeau des patriarches. Le rituel est tellement bien huilé, depuis que Hébron est sous occupation israélienne, qu’on a fini par oublier l’absurdité de la situation.

Et pourtant…

Des enfants déguisés en “shahid” jouent au gendarme et au voleur avec les soldats. Ces mêmes soldats distribuent des ballons puis chassent une poignée de gosses palestiniens qui essaient de rejoindre le cortège.

Les adultes, conformément à la tradition de Pourim, se saoulent jusqu’à ne plus pouvoir distinguer leur ami de leur ennemi. En fait d’ennemi, il est maintenu à l’écart par la troupe derrière des barrières et des grillages.

Tout va bien, le soleil tape fort, quelques slogans ultra nationalistes fusent ici ou là et la foule peut chanter sa joie d’être la garantie du renouveau de la présence juive en “Judée” –  c’est à dire 500 personnes dans une enclave qui paralysent le coeur d’une ville de 200 000 habitants de Cisjordanie.

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Every year, the Purim parade in Hebron is a rendezvous for the local press. A few hundred settlers put costumes on and go down the hill to pray at the tomb of the patriarchs. They are escorted by about thirty soldiers. The ritual is the very same since Hebron is under israeli occupation, to the point that we forgot how absurd the situation is.

And yet …

Children dressed as “shahid” play cops and robbers with the soldiers. The same soldiers distribute balloons around, then push away a handful of Palestinian kids who try to join the procession.

The adults, according to the Purim tradition, get drunk until they can’t tell their friend from foe. As a matter of fact, the foe is kept away behind fences by the army.

Everything is fine, the sun is beating down, one can hear ultra nationalist slogans here and there and the crowd rejoices in the renewal of a Jewish presence in “Judea” – that is, 500 people in an enclave locking down the heart of a city of 200,000 inhabitants in the West Bank.

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Written by hadriendaudet

2014/08/12 at 03:25

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3ème album – 3rd album

Celimène Daudet, en duo avec Amanda Favier

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Written by hadriendaudet

2014/08/09 at 23:54

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Marée noire – Men in black

Jérusalem, Israel, 03/2014.

En vertu d’un accord passé entre David Ben-Gourion et les autorités religieuses au moment de la création de l’Etat d’Israël, les ultra orthodoxes ont, jusqu’à présent, été dispensés du service militaire obligatoire.

Le 3 mars 2014, à l’approche du vote d’une loi qui revenait sur ce compromis, les haredim (“ceux qui tremblent devant Dieu”) se sont rassemblés à l’entrée de Jérusalem. Ils étaient officiellement 350 000 manifestants, dont une minorité de femmes, à prier à l’unisson pendant des heures.
La loi a néanmoins été votée quelques jours plus tard, le 12 mars 2014.
A l’avenir, les haredim devront donc, au nom de l’égalité entre citoyens, rejoindre les rangs de l’armée, prélude à une plus large intégration dans la société israélienne où ils devront travailler, payer des impôts…

Or, jusqu’à présent, les ultra-orthodoxes vivent volontairement dans des quartiers à l’écart, soumis à des règles et une temporalité différente de celles du pays. Ils y tiennent la rue, décident de qui y circule et à quel moment.
Ils bénéficient de maigres subventions publiques et de quelques donations privées qui permettent aux hommes d’étudier et aux femmes d’organiser la vie domestique. L’ensemble de la population ultra-orthodoxe a, de fait, un niveau de vie largement inférieur à celui de la moyenne nationale.

Pour transformer les haredim en citoyens ordinaires, l’actuelle coalition gouvernementale hésite entre la carotte et le bâton. Certains recommandent de supprimer les subventions aux études et de mettre en place une forme de discrimination positive à l’embauche afin d’inciter les haredim à sortir progressivement du « ghetto ».
D’autres préconisent l’enrôlement de force dans l’armée et l’emprisonnement systématique des déserteurs – de leur faire craindre, en somme, davantage le courroux de l’Etat que celui de Dieu.

La loi votée le 12 mars 2014 a le mérite de s’attaquer à un dispositif vieux de plus de 60 ans et que la plupart considèrent aujourd’hui comme injuste et inadapté à la société israélienne. Cependant, à défaut d’arriver à un compromis, le gouvernement a repoussé l’application de la loi à 2017, c’est-à-dire aux prochaines élections générales – encore faudra-t-il qu’émerge une coalition assez solide pour mener à bien cette réforme sociale.

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As a result of an agreement David Ben-Gurion made with the religious authorities, the ultra-Orthodox community has been exempted from military service ever since the establishment of the State of Israel

 On March 3rd 2014, hearing that a law would soon pass, that would go back on that agreement, the haredim (“those who tremble before God”) gathered at the entrance to Jerusalem. They were officially 350,000 demonstrators, including a minority of women to pray in unison for hours.

The law passed nonetheless a few days later, on March 12th 2014.

In the name of equality between citizens, the haredim are, from now on, expected to join the ranks of the army as a prelude to a broader integration into the Israeli society in which they will work, pay taxes…

 However, the ultra-Orthodox still live in their own neighborhoods, which are subject to specific rules that don’t apply to the rest of the country. They own the street,  and control the whereabouts of all. They benefit from scarce public subsidies and from some private donations that allow men to study and women to run their home. Most of the ultra-Orthodox population has, as a matter of fact a much lower standard of living than the national average.

 In order to turn the haredim into ordinary citizens, the current coalition government hesitates between the carrot and the stick. Some recommend to deny them subsidies for education and to create a form of affirmative action to force the haredim out the “ghetto”.

Others advocate a forced conscription and the systematic imprisonment of deserters – in other words to make them more afraid of the wrath of the State than that of God.

 The law that passed on March 12th 2014 has the merit of addressing a situation that is over 60 years old and that most consider now as unfair and unfit to the Israeli society. However, the current government failed to reach a compromise and decided to postpone the enforcement of the law to 2017, i.e. to the next general election – yet there will then be a need for a coalition strong enough to carry on with this social reform.

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Written by hadriendaudet

2014/04/07 at 18:27

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Il était une fois dans l’ouest – Once upon a time in the west (2/2)

Calgary, Canada, 07/2012.

Au premier jour du Stampede, dans les coulisses, les athlètes attendent pour faire leur entrée dans l’arène et se présenter au public. Au milieu d’eux, arborant un large sourire et une chemise rose, se tient Lee Ann Rust, 54 ans. Les clameurs de la foule l’enivrent : « nous autres, gens du rodéo, ce qu’on fait avant tout c’est du divertissement. On est là pour faire un bon spectacle et que les gens s’éclatent.»

Lee Ann concourt dans l’épreuve de « barrel racing », la partie du rodéo réservée aux femmes. L’exercice est profondément respecté dans la culture de l’Ouest pour sa virtuosité tout autant que pour les risques que prennent les cavalières. « Tu peux te casser des os, explique Lee Ann. Ton cheval peut glisser et avant même que tu le saches tu te retrouves en dessous. D’ailleurs il n’y a que quelques os que j’ai pas cassés » ajoute-t-elle en se marrant. Le rodéo se définit probablement comme une pratique qui tient tout autant du sport que du spectacle et dans lequel la prise de risque célèbre un mode de vie caractéristique de la culture ouest-américaine traditionnelle.

Le commun des athlètes de rodéo professionnel mène une vie usante, ponctuée de gamelles à cheval et d’os cassés. L’âge de la retraite arrive en général assez vite et ils s’orientent alors vers une activité plus tranquille dans un ranch, à faire du dressage ou de l’élevage, des ateliers pour les novices ou encore un métier agricole.

Le chemin de Lee Ann s’est tracé précisément en sens inverse. Elevée dans le ranch familial au Texas par une famille de dresseurs de chevaux, elle étudie tout en faisant du rodéo, comme les autres gosses de son âge. Cependant, après la fac, elle entre chez Sanofi Aventis et y mène une carrière de commerciale pendant plus de vingt cinq ans. « J’aurais voulu faire du rodéo pro, mais je n’avais ni le cheval ni les moyens pour commencer ». Et il faut bien gagner de quoi vivre.

Après quelques années, elle achète un ranch avec son mari dans lequel ils élèvent et dressent des chevaux pour les revendre. Tous les soirs de la semaine, après le travail, Lee Ann passe quelques heures avec les chevaux. Elle monte pour son plaisir et fait du rodéo amateur à l’occasion. Ca aurait pu être la vie normale d’une américaine de l’Ouest, avec un salaire, des bonus, un plan épargne et un rêve devenu hobby.

Pourtant, à 52 ans, Lee Ann a une révélation. Elle divorce, quitte son boulot et décide de commencer une nouvelle vie. Son père, ancien champion de rodéo, l’encourage à tenter le tout pour le tout. « Je rêvais d’avoir moi aussi une boucle de champion à ma ceinture ». Elle se lance sur la route avec Harley, son cheval de huit ans, avale les kilomètres, va d’un rodéo à l’autre dans tout l’Ouest des Etats Unis et accumule les gains.

Sa carrière prend son envol en 2011 quand elle obtient, à 53 ans, le titre de « Rookie of the year ». Il récompense chaque année le meilleur des nouveaux entrants dans le circuit professionnel du rodéo – en général un gamin de 20 ans.  Dans la foulée, Lee Ann se retrouve 19ème au classement américain de « barrel racing » et décroche une invitation pour le centenaire du Calgary Stampede en juillet 2012.

Chaque jour, devant 20 000 spectateurs, Lee Ann se lance pour quinze secondes dans l’arène. Au troisième jour elle réalise le meilleur temps, empoche 5 000 dollars de plus et déchaine la foule. La machine est lancée ; Lee Ann fait la une du journal le lendemain, des journalistes débarquent devant sa caravane pour des photos et des interviews, les gens l’arrêtent dans la rue pour l’encourager à la serrer dans leurs bras. Elle se laisse même aller à croire au chèque final de 100 000 dollars. Les autres cowgirls, de vingt ses cadettes pour la plupart, la regardent d’un œil mi attendri mi condescendant. Par ailleurs, une histoire, servie par la presse locale, revient aux esprits : celle de June Holeman, 63 ans, qui au Stampede de 2006 avait perdu la finale d’un cheveu. Et plus la compétition avance, plus la comparaison s’impose dans les esprits.

L’histoire de Lee Ann parle à tout le monde parce qu’elle raconte ce que chacun connaît au fond de soi – les rêves, la confiance en soi nécessaire pour les réaliser ou la frustration de ne jamais y arriver. « Dans le monde du rodéo, on a tous une histoire. La mienne parle simplement à plus de gens » ; à tous ces gens qui, en la regardant, ont l’espoir que tout est possible.

Comme dans toute histoire, les événements s’expliquent par différents concours de circonstances. Cependant, le narratif de Lee Ann est simple : il repose sur son cheval, Harley. « Il est la raison qui me pousse à faire ça. Je me suis pas acheté un cheval pour aller faire du rodéo ». Quand il est né il y a dix ans, Lee Ann a immédiatement senti qu’elle ne le vendrait pas. Il est le dernier cheval qu’elle aura dressé – elle subit peu après une blessure dont elle mettra 2 ans à complètement se remettre – et il lui apparaît évident que le cheval dont elle avait rêvé 30 ans auparavant lui a été donné. Il a un excellent pédigrée et présente dès le début des qualités remarquables. Lee Ann décide de lui donner sa chance et d’en faire un cheval de compétition – avec elle comme cavalière.

« Ensemble, on est meilleurs que l’un et l’autre pris séparément. Je sais qu’il peut aller plus loin, mais moi, je ne suis pas sûre d’en être capable ».

Car le rêve de Lee Ann a un prix. Ce sont des milliers de kilomètres par semaine, seule dans son camion avec son cheval, un sommeil léger de quelques heures par nuit, à l’avant de la caravane sur un matelas, le réveil toutes les quatre heures pour s’occuper du cheval. Ce sont, à 54 ans, les os et les dents cassés, les opérations à la chaîne, les factures des médecins en regard des gains difficiles dans un métier très compétitif. C’est aussi la crainte de se blesser à nouveau et de ne plus être au niveau. Elle est consciente que son âge, s’il a un pouvoir d’attraction important sur le public, les média et les sponsors est aussi un handicap compte tenu des exigences du métier.

La personnalité de Lee Ann est emblématique de cette culture western déclinante, faite d’honneur, de respect pour l’effort physique et moral, de dignité dans la joie comme dans la peine – qui fait qu’un cowboy, qu’il se casse la jambe ou remporte une épreuve, salue son public et reçoit une ovation. Chez Lee Ann, cette volonté quasi chevaleresque semble aussi émaner d’un curieux mélange de croyances qu’elle attribue à la fois à son éducation de chrétienne américaine et à ses origines indiennes Cherokee. Adepte de The Secret, best seller new age qui prône les vertus du positive thinking américain et qu’elle écoute en boucle dans son camion depuis 3 ans, elle a par ailleurs une foi en Dieu inébranlable ; moins en un « dieu qu’on peut mettre dans une boite avec une étiquette » qu’en un flux d’énergies bienveillantes, une grâce qui la touche et l’aide à avancer. Autour de son cou pendent une croix et des pierres énergétiques.

Et de fait, les gens rencontrés au hasard de sa route lui apportent leur soutien : une prairie pour faire paître le cheval, un lit, un repas en famille.

Le jour de la finale du Stampede, des membres de la tribu Black Foot, lui offrent une plume d’aigle, puissant symbole indien de protection et d’orientation. Ils organisent une cérémonie au cours de laquelle ils enveloppent Lee Ann et sa monture dans une fumée d’herbe aux bisons en priant pour sa victoire. Lee Ann s’incline à la première manche et la victoire en question n’a pas lieu. Mais on imagine son sourire lorsqu’elle apprend quelques heures plus tard à la radio, alors qu’elle est déjà en route vers un autre rodéo, que le chèque de 100 000 dollars est revenu à Sue Smith, son ainée de 3 ans.

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It is the first day of the Stampede. The athletes are waiting backstage before entering into the arena to meet the crowd. Among them stands Lee Ann Rust, 54 years old, wearing a broad smile and a pink shirt. The clamor outside almost intoxicates her: “We, rodeo people are entertainers. We are here to make a good show for people to enjoy themselves”.

Lee Ann is a barrel racer. As a female-only rodeo event, barrel racing is deeply respected in the Western culture for its virtuosity as well as for the risks that the riders take. “You can break your bones, says Lee Ann. Your horse can slip and before you know it you find yourself under. In fact there are only a few bones I haven’t broken”, she adds, laughing. Rodeo is probably as much sport as entertainment and taking risks is part of the game as a reminder of the traditional western American culture.

Most of the professional rodeo athletes lead a life punctuated by falls and broken bones. They retire early and move towards quieter activities in the ranching business, training or breeding horses, teaching workshops for novices, or they get a job in the agricultural business.

Lee Ann made her way precisely in the opposite direction. Raised in the family ranch in Texas by a family of horse trainers, she studies while doing rodeo, like any other kid. However, after college, she joins Sanofi Aventis and works there for over twenty-five years in the sales department. “I wanted to do pro rodeo, but I had neither the horse nor the money to start”. And everyone must earn a living.

After a few years, she and her husband buy a ranch, where they raise and train horses for resale. Every night of the week, after work, Lee Ann spends a few hours with the horses. She rides for pleasure and does amateur rodeo from time to time. It could have been the normal life of a western American, with a salary, bonuses, a savings plan and a dream that became a hobby.

Yet, when turning 52, Lee Ann has a revelation. She gets a divorce, quits her job and decides to start a new life. Her father, a former rodeo champion, encourages her to give it all out. “I dreamt of having one of those champion buckle on my belt”. She gets on the road with Harley, her eight-year-old horse, drives thousands of miles from a rodeo to another throughout the western United States and accumulates winnings.

Her career takes off in 2011 when she gets the title of “Rookie of the Year” at 53 years old. This award is granted every year to the best of the new entrants on the professional rodeo circuit – usually a twenty-year-old lad. That same year, Lee Ann ranks 19th in the US barrel racing charts and gets an invitation to the centennial of the Calgary Stampede in July 2012.

Every day at the Stampede, Lee Ann races for fifteen seconds in the arena before 20,000 spectators. On the third day she wins the race, pockets an extra 5000 dollars and unleashes the crowd’s enthusiasm. The machine is started, Lee Ann’s picture is in the front page the next day, journalists hurry to her caravan for photos and interviews, people stop on the street to encourage her and hug her. She even starts to believe in the final check of 100.000 dollars. The other cowgirls for the most part twenty years younger aren’t sure whether to look up or down on her. However the local press digs out an old story: that of June Holeman, 63, who almost won the 2006 Stampede finals. And as the tournament goes on, the comparison between June and Lee Ann sticks.

Lee Ann’s story talks to people because it says what everyone knows deep down inside – the dreams, the self-confidence necessary to achieve them or the frustration of failing. “In the world of rodeo, we all have a story. Mine just talks to more people” – to all those people who see her and have the hope that anything is possible.

As with any story, the events can be explained by different sets of circumstances. However, Lee Ann’s narrative is quite simple: it is based on her horse, Harley. “He is the reason that drives me to do this. I didn’t buy a horse to go and do rodeo”. When he was born ten years ago, Lee Ann immediately felt that she would not sell him. He is the last horse she trained – she suffers an injury shortly after that will take her two years to fully recover from – and it is obvious to her that the horse she dreamt of thirty years ago has been given to her. It has an excellent pedigree and shows remarkable qualities from the beginning. Lee Ann decides to give him a chance as a barrel racing horse – with her as a rider.

“Together, we are better than one another apart. I know he can go further, but I’m not sure I can take him there” she says.

For the dream of Lee Ann has a price – thousands of miles a week, being alone in her truck with the horse, a few hours of light sleep every night in front of the trailer on a mattress, waking every four hours to take care of the horse, being 54 years old, with teeth and bones injuries, chain operations, doctors’ bills next to difficult earnings in a very competitive business, finally the fear of getting hurt again and no longer be up for the show.

Lee Ann is aware that her age, while having a considerable power of attraction on the public, the media and the sponsors is also sometimes a handicap given the requirements of the job.

The personality of Lee Ann is emblematic of this declining western culture made of honor, respect for physical and moral strength, dignity in joy and sorrow – which makes a cowboy, whether he breaks his leg or wins the event, salute the audience and receive a standing ovation. In Lean Ann’s way of life this mentality comes also with beliefs that she attributes both to her Christian American education to her Cherokee origins. She’s been listening to The Secret for the past three years on the road and also has a steadfast faith in God – less in a “god that we can put in a box with a label” than in a stream of benevolent energy, a grace that touches her and keeps her going. Around her neck hang a cross and energy stones.

And as a matter of fact, the people she meets on her way give their support – a meadow to graze the horse, a bed or a family meal.

On the final day of the Stampede, some members of the Black Foot tribe offer her an eagle feather, powerful Indian symbol of protection and guidance. They hold a ceremony during which they burn sweet grass around Lee Ann and her horse while praying for their victory. Lee Ann loses the first race and the victory doesn’t happen. But one can imagine her smile when she hears on the radio a few hours later while already on her way to another rodeo that the 100,000 dollars check went to Sue Smith, who three years older than her.

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Written by hadriendaudet

2013/07/01 at 19:42

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Il était une fois dans l’ouest – Once upon a time in the west (1/2)

Calgary, Canada, 07/2012.

De loin, Calgary ressemble à une grande ville moderne et banale d’Amérique du Nord – un centre ville hérissé de gratte-ciels élégants et entouré, à perte de vue, de banlieues commerciales et pavillonnaires. Grâce au pétrole, la capitale de la province d’Alberta est devenue, en quelques décennies, l’une des villes les plus prospères du Canada.

Pourtant, chaque année, durant les deux premières semaines du mois de Juillet, elle retrouve son aspect d’ancien bourg agricole de l’Ouest canadien, à l’occasion du Stampede.

En 1912, il s’agissait d’une simple foire au bétail, avec une parade et un bon rodéo de province. Aujourd’hui, la fréquentation du Stampede sur dix jours est de plus d’un million de personnes – à titre de comparaison, celle du Burning Man est de 50 000 – et le spectacle est commercialisé comme « the greatest outdoor show on earth ».

Au centre d’un hippodrome de belle terre battue, les 120 meilleurs athlètes nord-américains de rodéo se rencontrent chaque jour dans une arène désormais légendaire, pour remporter un chèque final de 100 000 dollars.

Pour les professionnels, il s’agit d’un rendez-vous incontournable, car en marge du rodéo se négocient les gros contrats de sponsoring et les ventes de bétail et de matériel agricole.

Et pour des centaines de milliers de visiteurs,  c’est une grande fête populaire – l’occasion de se balader de manèges en spectacles, une saucisse grasse dans une main, une pinte de coca ou de bière dans l’autre. Tous arborent au moins un chapeau de cowboy sinon une tenue western complète.

Les journées sont rythmées par les grandes épreuves de rodéo et s’achèvent au crépuscule par les mythiques courses de char. Dans les gradins, le public, échaudé par la bière, le soleil et le montant des loteries (plusieurs dizaines de milliers de dollars) est littéralement hystérique. Entre deux courses, les hauts parleurs n’oublient pas de hurler que l’on doit cette belle fête à Wall Mart et autres enseignes et qu’il faudra s’en souvenir au moment de faire des achats.

Il convient à ce moment là de se retirer vers les granges où les conducteurs de chars et leurs équipes attendent leur tour. Ils suivent la course à la radio dans un silence religieux, en chiquant du tabac et en sirotant une bière. Et lorsque le soleil se couche très lentement, alors on se souvient qu’on est au far west.

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From afar, Calgary looks like a modern and mundane large North American city – downtown elegant skyscrapers surrounded by endless business and suburban neighborhoods. Thanks to oil, the capital of the province of Alberta has become in a few decades one of the most prosperous cities in Canada.

Yet every year during the first two weeks of July, it becomes again that same old western agricultural town, home of the Stampede.

In 1912, it was merely a cattle fair featuring a parade and a decent provincial rodeo. Today more than one million people attend the Stampede – Burning Man gathers about 50,000 – and the show is marketed as “the greatest outdoor show on earth.”

Every day for about 2 weeks, the top 120 North American rodeo athletes meet in the now legendary arena in the middle of a beautiful clay racetrack and compete to win a final check of 100,000 dollars.

For professionals also this is a major event since the big sponsorship contracts and the sales of livestock and agricultural equipment happen there.

And for the other hundreds of thousands of visitors it is a big fair – the opportunity to walk around and attend various shows with a hot dog in one hand and a pint of coke or beer in the other. Everyone wears at least a cowboy hat if not full western attire.

Each day is punctuated by major rodeo events and ends at dusk with the legendary chuck wagon races. In the stands, the crowd warmed up by the beer, the sun and the lotteries (tens of thousands of dollars) is now getting rather hysterical. Between races, the loudspeakers remind the audience that this great party is happening thanks to Wal-Mart and other retailers – and people should be wise to remember it when making purchases…

It is time to withdraw to the barns where the chuck wagon drivers and their teams wait for their turn. They follow the races on the radio in a religious silence while chewing tobacco and sipping a beer. And when the sun sets slowly, then one remembers what the far west looks like.

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Written by hadriendaudet

2013/05/09 at 12:57

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En Ethiopie – In Ethiopia

Ethiopie, 02/2012.

Le nord de l’Ethiopie est un immense plateau à plusieurs milliers de mètres d’altitude. Il est clairsemé de quelques villes moyennes entre lesquelles s’étend une campagne étonnamment vivante pour un endroit au climat si dur. L’air est chaud et sec, l’oxygène est rare, la poussière est omniprésente, le décor grandiose.

En 6 jours de route, il y a peu à comprendre d’un pays aussi ancien et varié mais on s’imprègne immédiatement du rythme (lent) des gens, comme des épices qui collent à la peau.

Le tiers monde saute tout de même aux yeux : la misère crasse, les routes défoncées, les gosses qui courent derrière la voiture et sautillent de joie quand ils reçoivent un stylo (ces mêmes gosses qui font 15km à pied par jour pour aller à l’école et apprendre, entre autre, un peu d’anglais), le manque de tout, la dignité et la générosité de ceux qui manquent de tout.

Il y a aussi un sentiment frappant d’immobilisme paisible dans les campagnes, où la mécanisation n’existe pas et où les techniques et les outils utilisés semblent appartenir à une longue tradition ininterrompue.

Les villes sont moins pittoresques. Ce sont d’étranges endroits, comme égarés entre deux mondes, où des types qui n’ont rien sur le dos et peu sur les os, un oeil crevé, un pied bot, vous montrent leur smartphone et vous demandent, en anglais, d’être “amis” sur facebook tout en buvant un café traditionnel et en respirant un bol d’encens.

Le Mercato, le plus grand marché d’Afrique, croule sous les vêtements de contrefaçon, mais on y vend aussi des ânes et les grand mères y font sécher des piments.

Les taxis sont des Lada Yougoslaves rafistolées et qui datent de la guerre froide. Aujourd’hui, l’Ethiopie achète des autobus chinois dont le moteur s’avère trop faible à l’usage – alors, dans les côtes, on descend. Les Chinois ont aussi goudronné les routes du pays pour une bouchée de pain. Puis ils ont vendu au Ethiopiens des Nike pour marcher dessus.

L’aide au développement c’est toujours un mal pour un bien. Sauf peut être quand l’UNESCO protège gratis les églises centenaires de Lalibella menacées par l’érosion des sols.

Il n’y a pas de réponse à la sempiternelle question de savoir si les gens sont heureux. Ils en ont l’air. Comme tous les pauvres, ils ne se plaignent pas à mieux loti qu’eux. Qu’ils soient chrétiens, musulmans, juifs ou rasta, les Ethiopiens sont profondément pieux – peut être Dieu en apprend-il davantage, dans le secret des prières?

Northern Ethiopia is a vast plateau several thousands feet high. There are, here and there, a few medium sized cities. Between them lies a quite lively country considering how harsh the climate is. The air is hot and dry, oxygen is scarce, dust is everywhere. The setting is magnificent.

In a 6-day ride, there is little to understand of a country as old and varied but one feels deeply the (slow) pace of people and things, like the spices that stick to the skin.

Still, the third world is obvious – dire poverty, potholed roads, kids running after the car and hoping with joy when they receive a pen (the same kids who walk 15km a day to go to school and learn, among other things, a little English), lack of everything, dignity and generosity of those who lack everything.

There is also a sense of a peaceful stasis in the countryside, where mechanization does not exist and where the techniques and tools seem to belong to a long lasting tradition.

Cities are less picturesque. Strange places, lost between two worlds, where guys who have nothing to wear and little to eat, a punctured eye or a club-foot, show you a smartphone and you ask, in English, to be “friends” on facebook while drinking a traditional coffee and breathing incense.

The Mercato, the largest market in Africa, is awash with counterfeit clothes, but also displays donkeys for sale. The grand mothers are also there and dry chillies.

All the taxis are old tinkered Yugoslav Ladas from the Cold War. Today, Ethiopia buys Chinese buses which happen to have a very weak engine – so people get off on the hills. The Chinese also tarred the roads of the country for pittance. Then they sold the Ethiopians the Nike to walk on them.

Development aid is always a blessing in disguise. Except perhaps when the UNESCO protects the centennial churches of Lalibella threatened by soil erosion.

There is no answer to the perennial question of whether people are happy. They seem so. Like all the poor, they don’t complain to those who are better off. Whether Christians, Muslims, Jews or Rastafarians, Ethiopians are deeply religious – maybe God knows more in their prayers?

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Written by hadriendaudet

2012/04/23 at 13:36

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SlutWalk

Tel Aviv – Israel, 03/2012

En janvier 2011, lors d’un forum sur la sécurité, un officier de police canadien suggère que “les femmes devraient éviter de s’habiller comme des salopes afin de ne pas devenir des victimes”. La bonne vieille fable du violeur et de la mini-jupe.

Dans la foulée nait le mouvement “SlutWalk” qui essaime rapidement dans toutes les grandes villes, jusqu’à… Tel Aviv en mars 2012.

Environ 200 adolescents et jeunes femmes protestent ce jour là contre toutes formes de harcèlement sexuel. Il s’agit, en somme, de réaffirmer le classique “non c’est non” – même avec une mini jupe, un décolleté ou un costume de Mickey. Il n’est pas question, tout de même, de bouleverser les moeurs  – ici, quand une femme fait un créneau, il y a toujours un homme pour lui expliquer comment s’y prendre, et c’est bien normal. A bon entendeur…

Si à Tel Aviv les femmes n’ont rien de vraiment fondamental à revendiquer en matière de tolérance, on ne peut pas en dire autant du reste du pays.

Une “slutwalk” est d’ailleurs prévue le 27 avril à Jérusalem où certaines interprétations des interdits religieux entrent parfois violemment en conflit avec des libertés individuelles élémentaires – marcher seule dans la rue, découvrir ses avant-bras, s’asseoir à côté d’un homme dans le bus.

En prévision, Le site jewlicious.com, sous l’intitulé “6 manières de s’habiller comme une salope à Jérusalem”, fait quelques recommandations, cyniques mais assez instructives sur l’atmosphère qui règne dans certains coin du pays.

http://www.jewlicious.com/2012/03/slutwalk-6-ways-to-dress-like-a-slut-in-jerusalem. En effet, Ca risque d’être une manifestation mémorable.

In January 2011, during a safety forum, a Canadian police officer suggests that “women should avoid dressing like sluts in order not to be victimized”. The good old tale of the rapist and the mini-skirt.This statement gives birth to the movement “SlutWalk” which then spreads rapidly in all the major cities until it reaches… Tel Aviv in March 2012.

About 200 teenagers and young women protest that day against all kinds of sexual harassment. In fact they reaffirm the classic “no means no” – even with a mini skirt, a plunging V-neck or a Mickey Mouse costume. However the point is not to upset all the customs – here, when a woman parks her car, there’s always a man to explain to her how to do it. That’s the way it is. A word to the wise.

In Tel Aviv, women don’t really have any fundamental demands regarding harassement issues, but the rest of the country is different.

Indeed, a “slutwalk” is scheduled on the 27th of April in Jerusalem, where certain interpretations of religious taboos sometimes come into violent conflict with basic freedoms – such as walking alone in the street, showing your arms or sitting by a man in the bus.

In anticipation, jewlicious.com makes some recommendations, rather cynical but quite instructive about the atmosphere in some parts of the country.

http://www.jewlicious.com/2012/03/slutwalk-6-ways-to-dress-like-a-slut-in-jerusalem. Could well be a protest to remember.

Written by hadriendaudet

2012/04/16 at 19:52

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